Donald Trump, un Twitter addict… comme les autres ?

L’usage immodéré de Twitter par l’homme le plus puissant du monde n’en finit pas de surprendre, inquiéter ou exaspérer. Au point d’avoir bouleversé la fonction présidentielle américaine et pulvérisé les usages diplomatiques. Les journalistes du New York Times se sont livrés à un passionnant travail de fourmi : analyser les plus de 11.000 tweets expédiés par Donald Trump depuis son arrivée fracassante à la Maison Blanche. Un décryptage avec statistiques et graphiques à la clef, riche en enseignements.

Il en ressort une idée simple mais forte : le président américain n’est-il pas finalement un adepte de Twitter comme les autres ? Son utilisation jugée unanimement compulsive et déplacée n’est-elle pas représentative de l’usage des réseaux sociaux en général ? Illustration en 11 points :

1 – Il tweete dès le matin de bonne heure. Ce rituel donne le coup d’envoi de sa journée.

2 – Son addiction s’est rapidement accentuée avec le temps. En 2 ans, il a triplé le nombre de messages postés quotidiennement (une trentaine !)

3 – Ses messages sont émaillés de fautes d’orthographe et d’outrages à la grammaire. Et cela lui importe peu.

4 – Moins d’un cinquième de ses followers partagent ses positions et sont des partisans. L’immense majorité sont guidés par la curiosité ou la « fierté » de suivre un homme important.

5 – Il recherche les « like » à tout prix. Il considère qu’une cascade de like légitime sa personne et ses actions.

6 – Il contemple avec fierté son armée de followers : 66 millions. Et tant pis si beaucoup sont des fakes, des profils anonymes ou des bots. Seul le nombre compte.

7 – Il utilise le réseau social pour se mettre en scène et s’auto-célébrer. Il chante ses louanges dans 20% de ses tweets.

8 – Il utilise le réseau social pour se plaindre et régler ses comptes. La moitié de sa prose attaque ses ennemis ou détracteurs.

9 – Il préfère les messages les plus incendiaires. Fonction présidentielle oblige, ses messages sont préparés par ses conseillers, mais il n’hésite pas à choisir les versions les plus « trash », voire à forcer encore davantage le trait.

10- Il tweete et retweete sans vérifier le sérieux et l’authenticité des informations. Ce n’est pas la recherche de la vérité qui l’anime, c’est l’expression de “sa” vérité.

11 – Il use et abuse de Twitter tout en dénonçant régulièrement la manière dont les réseaux sociaux le traitent.

En résumé, Donald Trump nous afflige avec ses tweets avant tout parce qu’il est président des Etats-Unis. Sa pratique des réseaux sociaux nous scandalise car elle heurte l’image que l’on a de sa fonction.

Pour le reste, sa manière d’utiliser Twitter est plutôt représentative de notre époque. Beaucoup d’adeptes des réseaux sociaux tweetent à haut débit de la même manière que le président des Etats-Unis. Et inversement.

Affaire Dupont de Ligonnès : Les médias en mode com de crise

Le stupéfiant raté de la presse française sur l’affaire Dupont de Ligonnès place les médias face aux cruelles contraintes de la communication de crise. Et à un passage obligé par l’examen de conscience. Et comme bien des entreprises, les groupes de presse ne sont ni habitués, ni préparés à ce périlleux exercice.

Lorsqu’une entreprise traverse une crise suite à une grave erreur liée directement à son activité, les journalistes racontent, enquêtent, souvent accusent, dénoncent, pointent les fautes, les incompétences, réclament des comptes. Bref, ils ne font pas de cadeaux. Et c’est leur devoir. Cette fois, ce sont eux qui sont entraînés dans un naufrage collectif. Car la rocambolesque et fausse nouvelle de l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès est grave, pour au moins 4 raisons :

1 – Elle concerne une affaire sensible qui, on le sait, est propice depuis des années aux fausses pistes et témoignages douteux. A ce titre, cet énorme raté est difficile à comprendre.

2 – Elle frappe tous les médias, et notamment ceux qui gardaient encore une certaine réputation de sérieux : Le Parisien, qui a dévoilé le faux scoop en premier, l’Agence France Presse, qui a rapidement suivi et entraîné avec elle tous ses abonnés… Et au final, tous les médias, chaînes d’infos en continu notamment, ont amplifié le mouvement, massivement et sans réserve, pendant de longues heures.

3 – Elle intervient dans une époque où la suspicion est de mise, et la méfiance impérieuse face aux tombereaux de hoaxes et de fake news, nourris et amplifiés par les réseaux sociaux. Dans ce contexte, la presse dite “sérieuse” pouvait mettre en avant son rôle de défenseur d’une certaine vérité, d’une certaine qualité de l’information. Voilà qui va être plus compliqué désormais, au moins à court terme.

4 – Sondage après sondage, les Français expriment depuis bien longtemps leur méfiance envers les médias, leur manque de confiance envers les journalistes et leurs critiques dans le traitement de l’information. Cela risque de ne pas s’arranger.

En clair, le crash médiatique de ce samedi matin est une crise majeure car il décrédibilise de nombreuses entreprises de presse et l’ensemble d’une profession.

Comme toutes les entreprises qui traversent une crise, les groupes de presse vont devoir très rapidement (et dans l’ordre) : présenter leurs excuses à leurs clients (lecteurs, auditeurs et téléspectateurs), s’expliquer avec transparence sur les raisons de cette énorme bévue et agir réellement pour qu’un tel désastre ne se reproduise plus. Avec un objectif : bien gérer ce moment délicat pour qu’il ne s’éternise pas et, surtout, qu’il ne s’enracine pas dans les mémoires.

Un déroulé bien difficile à mettre en œuvre. Côté excuses, certains comme le Courrier Picard ont rapidement fait un mea-culpa appuyé. D’autres – à l’image du Parisien, en première ligne dans cette déroute – ont commencé à donner quelques explications… Pas sûr que ce soit suffisant pour tarir les cascades de commentaires affligés, railleurs ou scandalisés. Le retour de la confiance va prendre du temps.

Gestion de crise de Boeing: MC2 livre son analyse dans La Libre Belgique

Le quotidien national La Libre Belgique a sollicité MC2 pour un éclairage sur la gestion de crise de Boeing dans le dossier complexe des crashes de deux B737 Max.

Certes, du point de vue du grand public, on peut considérer que l’avionneur américain a raté sa communication de crise. Mais le grand public est-il vraiment la cible stratégique de Boeing ? Le géant de Seattle a surtout intérêt à rassurer ses clients, à savoir les compagnies aériennes. C’est naturellement vers elles (et vers les investisseurs et les autorités américaines en second lieu) que Boeing concentre ses efforts. Le grand public et les réseaux sociaux ne sont pas une priorité.

Lire l’article ici – Comment Boeing a raté sa gestion de crise: “Pour l’avionneur, le plus important n’est pas de rassurer le grand public”

 

Comment s’habiller quand on passe à la TV ?

Le vilain buzz autour de la tenue de la députée des Yvelines Aurore Bergé sur le plateau de « Salut les Terriens » sur C8 samedi soir est l’occasion de livrer quelques préconisations quand on est invité à la télévision. Et, d’une manière générale, quand on participe à un événement un tant soit peu solennel.

Peut-on s’habiller comme on veut, avec une totale liberté, sans restriction ? Bien sûr que non. Et il ne s’agit pas ici d’une quelconque affaire de sexisme, d’archaïsme ou d’étroitesse d’esprit. Beaucoup avancent le respect de la fonction, que l’on soit responsable ou porte-parole d’un parti politique, d’une entreprise ou d’une association. C’est un argument massue, évident, brandi par exemple pour interdire aux députés de venir siéger au Palais Bourbon en maillot de foot. Mais, sur le plan de la communication, l’essentiel est ailleurs.

De manière très prosaïque, la raison fondamentale pour laquelle on doit adapter sa tenue à sa prise de parole, c’est tout simplement… que l’on doit soigner sa prise de parole et focaliser l’attention du public sur le contenu de son discours. L’important est le propos, le message que l’on souhaite faire passer. L’objectif est généralement de délivrer des éléments clairs, percutants, pertinents et facilement mémorisables. Le gros du travail est là. Nourrir l’intérêt sur le propos est autrement plus compliqué qu’attirer l’attention sur l’apparence. Tout élément susceptible de parasiter le discours, d’attirer l’attention sur autre chose que les messages essentiels à faire passer, est donc à proscrire. Il est impératif que le public retienne ce que vous avez à dire, bien plus que votre tenue vestimentaire, votre coiffure, vos accessoires. A moins bien sûr que votre apparence physique soit l’objet même de votre intervention, ce qui n’est tout de même pas le cas le plus fréquent.

Que choisir pour passer à la TV ? La préconisation est double :

– Il faut opter pour des vêtements dans lesquels on se sent bien, physiquement et psychologiquement. Il faut être à l’aise, donc éviter les tenues trop serrées, qui entravent la respiration ou la circulation sanguine. Mais il faut aussi aimer la tenue que l’on porte, se sentir un minimum« belle/beau » pour aller de l’avant et mieux incarner son discours.

– Il faut choisir des vêtements et accessoires plutôt simples, classiques et élégants, qui n’attireront pas le regard à outrance, et ne pollueront pas le discours. Si fantaisie il y a, elle doit être légère, discrète et correspondre à la personne que vous êtes.

L’affaire ne date pas de samedi soir sur C8. En son temps, bien avant internet et les réseaux sociaux, Bruno Masure avait choqué une partie de son public car il avait « osé » présenter le JT de 20 heures en polo. Antenne 2 avait reçu des milliers de lettres de téléspectateurs outrés. Réactions sans doute excessives mais depuis, les présentateurs officiant à la grand messe de l’info s’en sont scrupuleusement tenus au classique combo chemise-veste. En 2014, Anne-Claire Coudray avait provoqué l’émoi des téléspectateurs du JT de TF1 en apparaissant moulée dans une robe en cuir. La présentatrice avait volontiers admis un « mauvais choix de vêtement » et s’était excusée.

Il est impératif de garder à l’esprit que le public adore commenter, si possible de manière critique et acérée, la tenue vestimentaire et l’apparence physique de ceux qui « passent à la télé ». Cela fait partie du divertissement. La loupe ultra-grossissante des réseaux sociaux a simplement démultiplié le phénomène. Il faut donc agir en conséquence. A partir du moment où l’on intervient en public, on ne s’habille pas uniquement en fonction de soi mais en fonction du lieu, des circonstances et du public lui-même. Ce n’est pas toujours simple mais il s’agit de trouver le juste milieu entre la robe de bure boutonnée jusqu’au cou et le décolleté plongeant. Ou entre le smoking et le duo t-shirt – bermuda.

Comment Glassdoor challenge les entreprises et tuyaute les demandeurs d’emploi

Glassdoor. Le nom ne vous dit peut-être pas grand chose. Pourtant, les responsables marketing et RH ont tout intérêt à s’intéresser de près à cette plate-forme web qui passe au crible 700 000 entreprises dans le monde. Les sociétés sont notées, évaluées, commentées… du point de vue des salariés, employés, stagiaires qui y travaillent où qui y ont travaillé. En clair, Glassdoor (« porte de verre », histoire de rendre plus transparente l’entrée dans l’entreprise) est un peu le TripAdvisor des entreprises de toutes tailles et tous secteurs. Bien plus qu’un énième palmarès annuel des entreprises où il fait bon vivre, Glassdoor fournit une base d’informations aussi détaillées que précieuses pour les chercheurs de stage ou d’emploi, ou les collaborateurs tentés par un changement de poste. On y trouve les entreprises qui recrutent, le classement des meilleurs employeurs, des meilleurs PDG, une masse d’avis et de commentaires pour chaque société répertoriée. Chaque intervenant peut poster de manière anonyme son salaire, son impression sur le poste, l’ambiance dans son service, les techniques de management, les perspectives de promotion… Et des informations partagées à forte valeur ajoutée, comme les questions les plus surprenantes ou difficiles qui sont posées lors des entretiens de recrutement. Une mine donc.

L’intérêt pour les demandeurs d’emploi est évident. Ils vont orienter leurs recherches vers les compagnies les mieux cotées, en fonction de leurs critères prioritaires. Ils vont trier, et préparer leur entretien d’embauche en fonction des éléments collectés.

Les bénéfices potentiels pour les dirigeants, managers et DRH sont tout aussi évidents. Une entreprise a tout intérêt à briller avec un bon classement  et des « reviews » positives, pour disposer au final d’une médiatisation flatteuse. Glassdoor lui offre aussi une vision en interne et donc les moyens d’ajuster sa politique de management et d’embauches en fonction des commentaires postés. In fine, forte d’un bon positionnement sur la plate-forme, elle peut espérer attirer les meilleurs talents et améliorer son recrutement.

Glassdoor se positionne donc à la fois comme un acteur de plus en plus incontournable pour soigner son e-réputation d’employeur, et comme un conseiller précieux pour les chercheurs d’emploi.

Reste la question inévitable : les commentaires sont-ils fiables ? A ce sujet, Glassdoor est confronté au même problème que tous les sites dont les contenus sont basés sur des reviews anonymes. Un double système de validation des commentaires permet un certain filtrage. Mais Glassdoor, pas plus qu’un TripAdvisor, ne peut garantir 100% de posts et d’informations authentiques. La plate-forme mise sur une vision d’ensemble et sur une volonté commune des internautes d’instaurer une confiance réciproque pour que l’outil reste utile à tous.

Patrons, entraînez-vous à la question qui fâche

La question qui fâche est inévitable. C’est par nature celle qui intéresse les médias en premier lieu. Les sujets sensibles, les problématiques « poil à gratter » et autres polémiques petites ou grandes attirent l’attention (et nourrissent parfois l’obsession)  des journalistes et du public. De même que la « mise sur le grill » d’un invité, qui, au centre de l’arène médiatique, va devoir lutter pour faire valoir ses arguments, sauvegarder son image et la réputation de l’entreprise.

Sur la forme, la question qui fâche est toujours un peu cinglante et polémique. Pour peu que le journaliste soit direct et pugnace, elle sera même provocante. Elle est inspirée par l’actualité autant que possible, mais aussi et surtout par une idée forte répandue à tort ou à raison, une réputation réelle ou supposée, un sujet sur lequel l’invité est prié de s’expliquer, parfois de se justifier. C’est le cas avec la question posée à Antoine Frérot, à qui on demande, tout de go, s’il n’a pas « d’états d’âme à gagner autant d’argent sur un produit d’absolue nécessité tel que l’eau ». D’entrée, le journaliste se positionne sur le terrain de la morale, en sous-entendant que Veolia n’en a pas beaucoup en engrangeant 1 milliard d’euros par an pour que nous puissions simplement boire et nous laver.

Face à ce type de questions, l’intérêt est de répondre avec aplomb, rapidité voire fermeté s’il l’on veut s’inscrire en faux. Mais aussi, être pédagogue et apporter des éléments clairs et probants qui vont rapidement nuancer (voire infirmer) les sous-entendus ou accusations contenus dans la question. C’est ce que fait d’ailleurs le PDG de Veolia de manière plutôt efficace. Son « absolument pas » tranchant et précis qui entame sa réponse est immédiatement suivi d’une argumentation construite et claire qui vise à démonter les inexactitudes contenues selon lui dans la question. Pour, au final, exposer un message fort qui va à l’inverse des présupposés. En substance : « Veolia offre un service technique et performant pour qu’une eau propre arrive à volonté chez vous et en reparte sale, le tout gratuitement ».  Et pour donner du crédit à son argumentation, Antoine Frérot verse dans la mise en situation et les exemples concrets, qui ont pour but de rendre son discours immédiatement compréhensible et de témoigner de sa bonne foi.

Autre avantage de cette manière de répondre : elle permet d’utiliser au maximum les leviers de la communication non-verbale au service de la conviction. L’accroche regard est totale, le visage est animé, la gestuelle accompagne le discours, le sourire s’esquisse au bon moment. L’invité délivre une vraie présence à l’antenne, il s’avance vers son interlocuteur, paraît pleinement investi en énergie dans sa réponse. En communication face aux médias comme face à n’importe quel public, le travail de conviction est déjà bien entamé dès lors l’envie de convaincre est perceptible.

Nul doute que cette réponse à la fois incisive et argumentée, le dirigeant l’a préparée. Et c’est tout l’intérêt de ce petit décryptage. La question qui fâche, anxiogène en soi, vaut largement la peine d’être vécue, car elle est l’occasion de renforcer une position. De remettre les choses en place ou en perspective. De couper court aux malentendus et aux raccourcis. De tordre éventuellement le cou à une idée reçue.

La question qui fâche, qui surgit inévitablement un jour ou l’autre sur le parcours médiatique du dirigeant, doit être considérée davantage comme une opportunité que comme une mauvaise rencontre.

En revanche, elle s’anticipe et se prépare. S’entraîner à répondre aux questions qui fâchent n’est pas une simple recommandation en média-training. C’est un impératif.

Cinq conseils pour être un « bon client » des médias

Savoir parler aux médias permet de préserver, voire améliorer son image et celle de son entreprise. Cela permet aussi d’être identifié par les journalistes comme un « bon client ». Pour les journaux, radios, TV ou sites web, un “bon client” (le terme est emprunté directement au jargon journalistique) est un interviewé qui sait délivrer rapidement un discours clair, concis, facilement compréhensible. C’est donc un porte-parole qui figure en bonne place dans le carnet d’adresses des journalistes et qui sera rappelé pour d’autres interviews dès qu’une occasion va se présenter.

On reproche parfois aux médias d’interroger toujours les mêmes personnes, de demander l’avis des mêmes experts, qui formeraient un club fermé, un vivier dans lequel puiseraient les journalistes de manière systématique sans trop se poser de questions. C’est en grande partie parce que ces spécialistes ont été identifiés comme de “bons clients”.

Il est toujours utile d’être étiqueté comme tel par les journalistes, même dans l’hypothèse où on ne raffole pas, par nature, des interviews. Rappelons ici qu’il vaut toujours mieux qu’une information vous concernant de près ou de loin passe à travers vous plutôt que sans vous. Alors autant la délivrer de manière efficace et être catalogué comme un “bon client” qui sera sollicité une prochaine fois. Toute occasion de briller dans les médias est bonne à prendre.

Voici 5 conseils de base pour être un « bon client » :

–       Répondre rapidement aux sollicitations des médias. Dites oui ou non en fonction de votre emploi du temps et du sujet, mais ne laissez pas le journaliste dans l’attente d’un retour sur votre disponibilité.

–       En interview, répondez de manière directe et concise aux questions, surtout face aux médias audiovisuels. Les formats des interviews radio ou TV sont très courts (15 – 30 secondes souvent). Moins il y a aura de montage à effectuer, moins votre parole sera tronquée et moins le journaliste aura de travail. Tout le monde y gagne.

–       Efforcez-vous de vulgariser au maximum, chassez le jargon trop technique ou corporatiste. N’oubliez pas qu’à travers les médias, notamment généralistes, vous vous adressez au grand public.

–       Adoptez un langage concret, imagé. Votre discours sera plus percutant, agréable à écouter et vos propos seront mieux mémorisés.

–       Préparez toujours vos interventions à l’avance, en lien avec le journaliste qui va vous interroger. Même dans le cas d’une interview en urgence (situation fréquente en radio), prenez le temps de cerner le sujet, l’angle du journaliste et de rassembler vos idées avant de démarrer l’entretien. Si vous êtes amenés à vous exprimer régulièrement devant la presse, quelques sessions de média-training peuvent être utiles.

Entreprises, faites vos voeux!

Simple rituel ? Corvée inévitable ? Pas du tout. Les vœux de début d’année constituent avant tout un moment utile pour l’entreprise, qui peut par ce biais recontacter ses clients, mettre à jour son réseau et le réactiver, voire même communiquer en externe.

Le rituel des voeux permet de resserrer les liens avec ses clients, en ajoutant de l’humain dans un monde dont on répète volontiers qu’il en manque au quotidien. Tout en douceur, il permet de revenir vers ses contacts sous une forme désintéressée. C’est finalement un outil de communication, presque de marketing, qui renforce un lien professionnel et peut aider à pérenniser une collaboration. Le moment des voeux véhicule aussi l’image de l’entreprise à l’extérieur. C’est pourquoi le choix du support, du graphisme, du thème n’est pas anodin.

Simple mail, carte de vœux traditionnelle, format électronique ou même petite vidéo : tout est possible, chaque formule ayant ses avantages et ses inconvénients.

Le mail est pratique, rapide et peu coûteux, donc idéal pour envoyer un simple message de bonne année. Il a vocation à se rappeler au bon souvenir de ses clients. Sans plus, car il reste très impersonnel : au moment où il reçoit le message, le destinataire a pleinement conscience qu’il fait simplement partie d’un envoi massif.

Même chose pour la carte de vœux électronique. Certes, elle est économique et écologique, potentiellement bardée d’effets visuels avec guirlandes qui s’allument, neige qui tombe et autres feux d’artifices, mais elle manque aussi de singularité pour le destinataire, à moins de rajouter pour chacun un petit message.

La carte de vœux la plus proche de ses clients reste la bonne vieille carte envoyée par courrier, avec un petit mot personnalisé à l’intérieur. Elle est généralement conservée plus longtemps que le courriel ou la carte électronique, peut être exposée sur un bureau ou montrée à son entourage si elle est particulièrement belle ou originale.

Reste le cas particulier des vœux sous forme d’une petite vidéo destinée à un public plus large. Dans ce cas de figure, l’objectif est moins de souhaiter la bonne année à ses clients que de communiquer en externe sur la créativité et le dynamisme de l’entreprise. Le rituel des voeux devient un moment de communication pure et d’exposition de l’entreprise, qui opère un clin d’œil promotionnel sur elle-même. Ces vidéos ont vocation à tourner sur le web et à promouvoir l’image de l’entreprise au-delà de la séquence du Nouvel An. Assez naturellement, les agences de communication, de publicité, entreprises de l’audio-visuel, des médias ou de la mode aiment beaucoup présenter leurs vœux sous cette forme. Avec l’objectif de surprendre, amuser et s’afficher comme particulièrement créatifs.

Choisir son porte-parole en pleine crise

Une entreprise traverse une zone de turbulences. Le choix d’un porte-parole s’impose. Qui sera le messager de l’entreprise auprès des médias et de l’opinion ? Le choix d’un porte-parole est complexe et il n’existe pas de profil parfait et universel.

– Le dirigeant peut-il être porte-parole ?

Oui, dans certains cas très particuliers, et notamment en cas de crise très grave. Ainsi, lorsque survient une catastrophe aérienne ou ferroviaire, nul autre que le PDG de la compagnie doit apparaître, dans les premiers moments, en première ligne. Cela est surtout valable dans les premiers instants. Si la crise dure, si les développements dans les médias s’étalent dans le temps (enquête, expertises, rebondissements…) il convient de choisir un autre porte-parole qui prendra le relais. Il convient de ne pas banaliser la parole du PDG, qui ne doit être exposé que dans les moments forts.

Quelques dirigeants d’entreprise ont choisi d’apparaître systématiquement dans les médias. C’est le cas par exemple de Michel-Edouard Leclerc, qui est, pour les journalistes comme le public, la voix, le visage, la parole du groupe Leclerc. Ce choix, lié à la personnalisation à l’extrême du distributeur, reste une exception.

– Le directeur de la communication peut-il être porte-parole ?

En général non. Un directeur de la communication est choisi pour ses compétences d’organisateur, pas pour passer à la télévision. Il a beaucoup d’autres tâches à exécuter, notamment en temps de crise, ne serait-ce que dans les contacts quotidiens à organiser avec la presse. Il connaît trop bien les médias pour être dans l’action, l’émotion et la justesse. Face aux journalistes qu’il fréquente et contacte tout au long de l’année, il risque d’être trop lisse, convenu et pas assez crédible lorsque survient la crise.

Le porte-parole est choisi en fonction de la crise. Il n’est pas le même en cas de crise sociale, technologique, financière, économique… Il est choisi aussi en fonction de l’image que l’on veut peaufiner en particulier.

Dans tous les cas de figure, il est conseillé de veiller aux points suivants :

– Le porte-parole fait partie de la cellule de crise, ou, du moins, travaille en étroite collaboration avec elle. Il doit être parfaitement informé de tout ce qui se passe, se prépare, se profile.

– Eviter de choisir un porte-parole trop jeune, qui paraîtrait inexpérimenté et enverrait le signal que l’entreprise ne prend pas assez la situation au sérieux. Il ne suffit pas d’être jeune pour être dynamique.

– Choisir quelqu’un qui s’exprime de manière claire, fluide, concrète et qui « passe bien » physiquement. Mieux vaut éviter quelqu’un d’apparence renfermée, sévère, triste ou trop joviale. Attention aussi à sa voix. En radio, la voix de votre porte-parole représente à elle-seule l’entreprise. Mieux vaut éviter les timbres monocorde, haut perché, les débits excessivement rapides.

– Former ses porte-parole potentiels à la prise de parole en public et devant les médias. Ce travail de formation doit être fait en amont, mais il peut s’accomplir aussi en urgence si besoin, lorsque la crise survient.

Il est aussi conseillé de veiller à l’apparence, à la présentation de ses porte-parole. Sans verser dans la dictature de la mode, quelques ajustements en matière de look, de vêtements, de coiffure peuvent être bénéfiques. Au moment de s’exposer devant les médias et le grand public, paraître moderne et dynamique est un plus.

Cinq conseils pour être efficace en interview

Vous êtes interviewé(e) et vous vous demandez comment faire passer votre message de manière efficace. Voici quelques conseils, issus des techniques journalistiques elles-mêmes. En effet, vous avez le même objectif qu’un journaliste : délivrer un message qui doit intéresser votre public et être compris par le plus grand nombre.

1)   Soyez concis. Un message est mieux perçu s’il est contenu dans des phrases courtes. Dans une phrase de 12 mots, on mémorise 100% du message. Dans une phrase de 40 mots, on ne retient que 30% du propos.

2)   Préférez les tournures actives plutôt que passives. La forme active a deux avantages: elle est moins lourde que la forme passive et elle s’assimile mieux.

3)   Utilisez des formules concrètes plutôt qu’abstraites.

4)   Chassez le jargon autant que possible. Ne gardez des mots techniques et propres à votre univers professionnel que s’ils servent réellement votre message et lui ajoutent une plus-value.

5)   Evitez les avalanches de chiffres. Et surtout, si les données statistiques sont indispensables, vous pouvez les « habiller » et les rendre plus simples à assimiler. Préférez des fractions (2 sur 3 plutôt que 66%). Faites comme les journalistes : donnez des illustrations qui vont frapper les esprits, donner du sens immédiat à votre propos et se retenir facilement. Par exemple : 370 milliards de dollars équivaut au PIB de la Belgique, 400.000 personnes représentent la population de Nice, 150 millions d’euros est le prix d’un Airbus A380…

Enfin, dans le cadre d’une interview télévisée, il est primordial de soigner la forme. 50% de l’effet d’un message provient du non-verbal, autrement dit les gestes, la posture, le regard. La maîtrise du fond en même temps que la forme s’apprend et s’entretient.